Arpentage

organisation-autrice
outil d'éducation populaire
difficulté
Intermédiaire
besoins-spécifiques
Tout public
type-outil
  • Approche du texte
  • Restitution-Appropriation

Objectifs pédagogiques

  • Désacraliser l'objet livre et populariser la lecture
  • Expérimenter un travail coopératif et critique
  • Créer une culture commune autour d'un sujet ou d'un savoir théorique
  • Comprendre qu'aucun savoir n'est neutre, que tout point de vue est situé

Résumé

L'arpentage est une méthode de découverte collective d'un ouvrage, en vue de son appropriation critique. Chaque membre du groupe lit une partie du livre, puis restitue en plénière pour que l'ensemble du groupe construise une lecture partagée. La méthode nourrit l'articulation entre pratique et théorie.

Description de l'outil

Durée : De 3 à 6 heures (voire plus). Les consignes ci-dessous correspondent à une demi-journée.

Nombre de participantes et participants : De 5 à 15

Situer l'ouvrage et son auteur

La personne formatrice choisit un ouvrage qu'elle a lu et qui présente un intérêt au regard du thème de l'atelier. Elle présente l'auteur, sa place dans l'univers intellectuel, le moment et les raisons de l'écriture de l'ouvrage, ainsi que l'image attachée au livre.

Elle peut également inviter le groupe à commenter le titre et tout ce que le groupe peut relever de l'observation du livre, jusqu'à la formulation d'hypothèses sur les idées développées dans l'ouvrage.

Organiser la lecture

  • Découper l'ouvrage pour répartir une partie égale de texte à chaque membre, sans tenir compte des chapitres (nombre de pages divisé par nombre de personnes)
  • Attribuer à chaque membre du groupe une division
  • Prévoir 45 minutes de lecture pour environ une dizaine de pages
  • Chaque personne peut s'isoler à l'endroit qui lui convient et lit sa partie comme elle le souhaite

Le dévidoir

Ouvrir la plénière par un espace d'expression libre à chaud, à l'issue de la lecture. Cette étape permet de prendre pied dans la restitution, sur la forme ou le fond, y compris sur le registre du sensible (par exemple : « il écrivait mal… »).

Restitution

La restitution ne s'effectue pas nécessairement du début à la fin de l'ouvrage.

Chaque membre répond à quelques questions pour restituer des éléments de sa lecture :

  • Idées fortes
  • Questions que je me pose
  • Ce que je savais déjà

Restitution en plénière : une personne restitue, une autre écrit sur une nappe en papier ou sur des feuilles affichées au mur les « points forts » abordés. Sur l'affiche ou la nappe sont indiqués tous les chapitres du livre tel que découpé. Dans le cas de la nappe, on ne s'assoit pas en face de son chapitre de lecture.

Retour sur la méthode

À la fin de l'exploitation, chaque membre réagit sur la technique de l'arpentage : vécu, possibilité de réutilisation, ouvertures possibles à partir de la lecture.

Exploitation ou prolongement

Proposition d'écriture seule ou à plusieurs d'un texte d'exploitation de l'ouvrage, à partir de quatre questions :

  • « Ce qui fait écho à ma pratique et à mon savoir antérieur à cette lecture »
  • « Ce avec quoi je suis en accord ou en désaccord avec le propos de l'ouvrage »
  • « Ce que j'aimerais dire à l'auteur ou aux auteurs »
  • « Choisissez un mot, une notion, un concept que vous souhaitez définir (en version académique et en version grand public) et/ou un couple de mots qui vous fait penser »

Option : commentaire critique sur la méthode de l'arpentage (à froid), sur sa réutilisation dans un autre contexte, ou sur la tentative de transmettre des idées fortes de l'ouvrage à d'autres personnes ne l'ayant pas lu.

Remarques

Origine : Méthode issue de la culture ouvrière (cercles ouvriers), réutilisée par les praticiens de l'entraînement mental pendant la Seconde Guerre mondiale (autour de Dumazedier), puis diffusée par Peuple et Culture à partir des années 1950. Jean-Claude Lucien (Peuple et Culture Normandie) a poursuivi l'élaboration de la méthode. Christophe Chigot (Crefad-Lyon) et Anthony Duroy (Agora Peuple et Culture) l'ont reprise sous une forme et un fond légèrement différents.

Adaptation spirituelle :

Au moment de la restitution, on peut ajouter la question :

  • Résonance dans ma spiritualité/religion : En quoi ce texte parle-t-il à ma foi, ma quête de sens ou ma tradition ? Ou au contraire, que dit ma spiritualité/religion de ce texte ? (accord, tension, silence, révélation…)

Cet outil peut aussi s'adapter à des textes spirituels ou religieux, comme la Bible pour les chrétiens, des poèmes soufis ou des écrits philosophiques.

Idées de livres :

  • Marion Muller-Colard, Croire, qu’est-ce que ça change ?, Éditions Labor et Fides, 2025.

  • Yuna Visentin, Spiritualités radicales. Rites et traditions pour réparer le monde, Éditions Divergences, 2024.

  • Jacques Ellul, La foi au prix du doute. « Encore quarante jours… », Éditions de La Table Ronde, 2006 (réédité en 2026).

  • Jean-Philippe Pierron, Je est un nous. Enquête philosophique sur nos interdépendances avec le vivant, Éditions Actes Sud, 2021.

  • Paul Colrat, Foucauld Giuliani, Anne Waeles, La communion qui vient. Carnets politiques d’une jeunesse catholique, Éditions du Seuil, 2021.

  • Christiane Singer, Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?, Éditions Albin Michel, 2003.

  • Joanna Macy et Chris Johnstone, L’espérance en mouvement. Éditions Labor et Fides, 2018.

  • Simone Weil, La pesanteur et la grâce, Éditions Plon, 1947 (réédité en 2019).

Matériel

  • Deux exemplaires de l'ouvrage choisi
  • Grandes feuilles de papier (paper board et/ou nappe en papier)
  • Marqueurs
  • Photocopies de la couverture, de la table des matières ou index, et de l'image attachée au livre si elle ne se trouve pas en couverture

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